Les cours de préparation à l’accouchement

Les cours de préparation à l’accouchement

Qu’est-ce que la préparation à l’accouchement ?

Une femme enceinte à partir du 7e mois de grossesse peut bénéficier de huit séances de préparation à l’accouchement entièrement remboursées par la sécurité sociale. Ces séances sont animés par un médecin ou une sage femme. Beaucoup de femmes choisissent la préparation classique mais il existe d’autres méthodes.

Se préparer physiquement

Les cours de préparation à l’accouchement permettent de mieux gérer votre accouchement en vous aidant à connaître davantage votre corps. Cela passe par l’apprentissage des gestes et des positions à connaître lors de l’accouchement, mais aussi par des exercices de relaxation corporelle et respiratoire. Vous apprendrez à assouplir vos muscles du bassin afin de diminuer les douleurs lors du passage du bébé.

Se préparer psychologiquement

Ces cours sont également l’occasion de poser toutes vos questions sur le déroulement de l’accouchement et sur la grossesse que vous êtes en train de vivre. Le médecin ou la sage femme est là pour vous donner toutes les informations dont vous avez besoin. Sur le rôle de l’anesthésiste, du séjour à la maternité, mais aussi sur l’après-accouchement comme l’alimentation de votre bébé, votre contraception, etc. Ces cours vous serviront à apaiser vos angoisses et à mieux appréhender ce moment particulier en visitant aussi la maternité afin de vous familiariser avec le cadre, le personnel et les appareils.

Le déroulement des cours de préparation à l’accouchement

Il existe plusieurs méthodes de préparation à l’accouchement, mais elles se déroulent généralement en deux parties : théorique et pratique. La première partie vous éclaire sur les changements que votre corps est en train de vivre, sur le déroulement de l’accouchement. C’est aussi le moment de trouver des réponses à vos interrogations. La deuxième partie est plus pratique, selon la méthode d’accouchement que vous avez choisi, elle sert à vous préparer physiquement suivant différentes pratiques. La présence du père est conseillée surtout si celui-ci assistera à l’accouchement. Les hommes se posent aussi des questions auxquelles ils pourront trouver des réponses lors de ces cours.

Les différentes méthodes de préparation à l’accouchement

Les préparations dites traditionnelles satisferont les femmes qui aiment miser sur les méthodes qui ont fait leurs preuves. La préparation classique, l’haptonomie et l’acupuncture aident la future maman à se sentir en confiance, entourée par des experts.
Les préparations arty-zen
correspondent davantage aux femmes appréciant les médecines douces et naturelles. Elles favorisent l’éveil des sens en développant un lien entre la mère et son bébé. Comme le chant prénatal, la sophrologie ou la fasciathérapie.
Les préparations physico-sportives sont plutôt destinées aux femmes actives, très à l’écoute de leur corps et aux changements qu’il subit. Assez physiques, ces préparations se traduisent par des cours de yoga, une préparation en piscine ou par le massage du périnée.

Le départ à la maternité

Le départ à la maternité

Vous vous demandez quels sont les signes de l’accouchement qui doivent vous alerter ? Plusieurs cas de figure sont possibles :

  • Les contractions

Vous avez, probablement, déjà senti de légères contractions au cours de votre grossesse. Celles du jour J se distingueront par leur fréquence et leur intensité, vous ne pourrez pas passer à côté !
Au début du travail, elles ont lieu toutes les demi-heures et s’apparentent à des douleurs menstruelles. Ne filez pas tout de suite à la maternité, vous risqueriez d’être renvoyée chez vous. Les contractions vont se rapprocher progressivement. Lorsqu’elles surviennent toutes les 5 minutes environ, vous avez encore 2 heures devant vous s’il s’agit d’un premier accouchement. Si vous avez déjà mis au monde un enfant, il est conseillé de décoller de la maison au bout d’une heure, une seconde naissance étant souvent plus rapide.

  • La perte des eaux

La rupture de la poche des eaux se manifeste par la perte soudaine (mais indolore) d’un liquide clair, c’est le liquide amniotique. Généralement, elle ne passe pas inaperçue, vous serez peut-être même surprise de la quantité ! A partir de ce moment, Bébé n’est plus à l’abri d’une infection. Mettez une protection périodique ou un linge propre. Filez illico à la maternité même si vous ne ressentez pas encore les contractions. En général le travail commence naturellement quelques heures après la perte des eaux. S’il ne se déclenche pas dans un délai de 6 à 12 heures ou si la moindre anomalie est constatée, on prendra la décision de déclencher l’accouchement.. Parfois, la poche des eaux se fissure seulement. Dans ce cas, vous ne constaterez que de légères pertes, que beaucoup confondent avec la perte du bouchon muqueux ou des fuites urinaires. En cas de doute, rendez-vous quand même à la maternité, pour savoir ce qu’il en est. A savoir : la poche peut rester intacte jusqu’à l’accouchement. Bébé naîtra, comme on dit, “coiffé”.

Il arrive aussi que la rupture de la poche des eaux et les contractions arrivent en même temps.

Pas de précipitation, en tout cas. Rassemblez vos effets personnels, prenez les comptes rendus des examens prénataux et partez tranquillement à la maternité.

Arrivée à la maternité

Arrivée à la maternité

Les premiers examens

Dès votre arrivée, vous êtes prise en charge par une sage-femme (ou par le médecin de garde). Grâce à votre dossier médical, elle fait plus ample connaissance avec vous. Elle vous interroge sur le rythme de vos contractions et pratique les premiers examens : prise de la température et de la tension artérielle, analyses d’urine pour rechercher la présence de sucre et d’albumine, prise de sang pour un bilan de péridurale, une vérification du groupe sanguin et du taux de plaquettes.
Par des palpations de l’abdomen, elle apprécie la hauteur de l’utérus et la présentation de votre bébé. Un toucher vaginal permet de contrôler l’ouverture du col de l’utérus et la souplesse du périnée, des informations qui lui donneront une idée de l’avancement de l’accouchement.

Le monitoring

Une large ceinture équipée de capteurs est installée sur votre ventre pendant une demi-heure environ. Elle sert à surveiller les échanges placentaires entre la future maman et le fœtus. Lors d’une contraction, la quantité d’oxygène qui parvient au bébé diminue légèrement pendant quelques secondes. Cela n’a en principe aucune conséquence puisque naturellement, son rythme cardiaque ralentit pour s’adapter à la situation.
Dans de très rares cas, il peut arriver que ce ralentissement s’accentue et se prolonge : c’est la bradycardie. Si la privation d’oxygène devient trop importante ou que le fœtus est particulièrement fragile (prématuré, retard de croissance, rejet de méconium ou terme dépassé), le danger est alors l’asphyxie parfois appelée à tort « souffrance fœtale » avec un risque de séquelles neurologiques et des convulsions à la naissance. Le gynécologue-obstétricien se base sur l’analyse des ralentissements du cœur délivrée par le monitoring, pour décider ou non d’une césarienne en urgence.

L’arrivée en salle de travail ou de pré-travail

Si tout se déroule normalement et si la sage-femme juge vos contractions efficaces (on considère que le travail a commencé lorsque le col est complètement effacé et ouvert à « 2 doigts larges »), on vous installera en salle de travail ou de pré-travail, selon les habitudes de la maternité.
A ce stade de la dilatation, vous serez invitée à bouger. Tant que la péridurale n’est pas posée et que le monitoring n’est pas branché de façon continue. Profitez-en pour vous promener dans les couloirs. La position verticale est idéale car le bébé appuie ainsi plus fortement sur le col et cela accélère les contractions. De plus, vous trouverez le temps moins long si vous êtes active.

La dilatation

La dilatation

De longues heures d’attente

Les contractions vont littéralement le pousser vers la sortie. L’ouverture du col de l’utérus (la dilatation) est progressive et se mesure en centimètres : elle est lente jusqu’à 5 ou 6 cm, plus rapide ensuite pour atteindre 10 cm. On compte 1 cm d’ouverture par heure. Si vous êtes passée par la case « salle de pré-travail », vous serez conduite en salle de travail (ou de naissance) lorsque la dilatation aura atteint environ 4 cm. Dans la plupart des maternités, le monitoring est branché en continu car c’est le meilleur moyen de vérifier que votre bébé supporte bien les contractions.
Toutes les heures, la sage-femme revient examiner et contrôler par un toucher vaginal la progression du travail. A votre entrée en salle de naissance, une perfusion a été posée sur votre avant-bras. Un cathéter sera posé, qui permettra d’augmenter l’efficacité des contractions si nécessaire.

La rupture de la poche des eaux

Sous la pression des contractions et du bébé, les membranes qui renferment le liquide amniotique (la poche des eaux) se rompent, si ce n’était déjà fait. Parfois, lorsque la dilatation stagne, la sage-femme provoque la rupture. Ce geste est indolore et libère des hormones, les prostaglandines, qui vont rendre les contractions plus efficaces… Si tout se passe bien, la poche des eaux est souvent préservée jusqu’en fin de dilatation car les membranes protègent le bébé.

Une respiration ample

Pendant les cours de préparation à l’accouchement, la sage-femme vous a appris à garder une respiration ample et régulière, en inspirant au moment de la montée de la contraction et en expirant profondément et longuement sur toute sa durée, sans contracter les abdominaux. Seul l’utérus doit se contracter.

La pose de la péridurale

Lorsque les douleurs deviennent intenses, vous serez probablement tentée de demander la péridurale. Il n’y a aucune raison pour qu’on vous la refuse à moins d’avoir de la fièvre ou une infection de la peau… On peut la poser dès 2 ou 3 cm de dilatation et jusqu’à 10 cm. Tant que le bébé n’est pas encore engagé dans le bassin. Vous êtes assise au bord du lit, le dos rond, et l’anesthésiste introduit entre les troisième et quatrième vertèbres lombaires un produit anesthésiant. Une quinzaine de minutes plus tard, tout le bas de votre corps est insensibilisé. Un cathéter est mis en place pour que l’anesthésiste puisse réinjecter, plus tard, une deuxième dose d’anesthésiant.

Tout s’accélère

8 cm de dilatation, 9 cm… Le travail a bien progressé et tout s’accélère. En fin de dilatation, une sonde urinaire est posée. Une vessie pleine peut être un obstacle à la descente du bébé. Gêner la décontraction musculaire du périnée. Enfin, l’envie de pousser se précise : vous voilà prête pour la prochaine étape de l’accouchement : l’expulsion.

L’expulsion

L’expulsion

La dilatation est complète

En fin de dilatation, les contractions se rapprochent et son plus longues. Elles durent 60 secondes environ et surviennent toutes les deux minutes et demie. A dilatation complète, l’utérus et le vagin ne forment plus qu’un seul tunnel dans lequel la tête de votre bébé s’engage. Dans 95% des cas, il s’est retourné au début du huitième mois et se présente la tête en bas, le menton fléchi sur la poitrine, le sommet de son crâne appuyant sur le col de l’utérus.

Premier obstacle : le bassin osseux

Il entre dans le bassin osseux par le détroit supérieur. Dans le même temps, sa tête s’oriente obliquement. Les os de son crâne ne sont pas encore soudés entre eux et leur malléabilité facilite sa progression. Une fois le détroit supérieur franchi, le bébé descend progressivement. Et effectue une deuxième rotation pour profiter au mieux des dimensions maximales de l’orifice de sortie (le détroit inférieur. Le voilà maintenant la tête tournée vers le bas, son regard pointant vers le sol.

Deuxième obstacle : les muscles du périnée

Une fois passé le bassin osseux, le bébé rencontre un nouvel obstacle, les muscles du périnée (le bassin mou) contre lesquels il va buter un certain temps. Très élastiques, ceux-ci se dilatent progressivement sous sa pression. C’est à ce moment précis que l’envie spontanée et impérieuse de pousser se fait sentir. Cette phase dite de l’expulsion dure au maximum une demi-heure, rarement plus, et environ dix minutes pour un deuxième enfant.

La poussée

Bien que la fatigue se fasse sentir, vous n’aurez pas de répit : il va maintenant vous falloir rassembler toute votre énergie pour pousser. La sage-femme vous installe en position gynécologique, les pieds dans les étriers. Lorsque la tête du bébé appuie sur le périnée, vous avez l’impression d’être au bord de l’explosion tant les tissus sont tendus. Rassurez-vous, le personnel médical est là pour vous guider et vous aider à passer ce cap.
Lorsque la sage-femme vous demande de pousser, il faut inspirer longuement au moment de la contraction, puis retenir votre souffle et pousser jusqu’à ce que vous ayez besoin de reprendre votre respiration. Toujours au cours de la même contraction, vous reprenez vos efforts expulsifs. A chaque fois, vous poussez votre bébé encore un peu plus vers l’extérieur.

Une épisiotomie est parfois nécessaire

Grâce à ces fortes poussées, la tête de votre enfant commence à pointer et l’on aperçoit ses premiers cheveux. A chaque contraction, la vulve se dilate davantage. Vient le moment où la sage-femme vous demande de ne plus pousser pour dégager la tête du bébé, qu’elle retient délicatement pour éviter une déchirure du périnée. Lorsque le bébé est un peu dodu ou que la vulve est très étroite, la sage-femme pratique une épisiotomie, destinée à agrandir l’ouverture et à faciliter la sortie de votre enfant.

De l’air, enfin ! 

Une fois la tête du bébé dégagée, la sage-femme l’incline vers le bas pour dégager l’épaule la plus haute. Puis vient la seconde épaule. Le reste glisse ensuite tout seul en quelques secondes ! C’est un moment d’une grande intensité, pour les parents bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui assistent à la naissance.

La rencontre

La rencontre

Premiers souffles, premiers cris

Enfin, « il » est là. Vous avez tous les deux très bien travaillé ! Poussé, comprimé dans l’espace étroit qu’il lui a fallu traverser, votre bébé se retrouve à l’air libre. En quelques minutes, il va devoir s’adapter à sa nouvelle vie. Les premières fonctions indispensables à sa survie, la respiration et la circulation sanguine, vont s’installer immédiatement. Il crie ou non, cela n’a rien d’indispensable !

Premiers contacts

La sage-femme le pose sur votre ventre et c’est le moment délicieux, tant attendu de la rencontre. Vous échangez vos premiers regards et l’émotion submerge tout, les larmes coulent. Votre bébé va rester blotti contre vous quelques minutes, le temps de faire plus ample connaissance. S’il est très vigoureux, il va grimper littéralement le long de votre corps pour happer votre sein. La sage-femme le recouvre d’un champ propre pour éviter qu’il ne se refroidisse car il ne sait pas encore réguler sa température. Peut-être ne ressemble-t-il pas tout à fait à l’enfant que vous aviez imaginé ? Un peu fripée, sa peau est parfois bleutée ou alors toute rouge… Parions que d’ici trois minutes, votre compagnon et vous-même serez persuadés d’avoir donné naissance au plus beau bébé du monde !

Le cordon ombilical est coupé

Posé sur votre ventre, il est encore relié au placenta par le cordon ombilical. Celui-ci est coupé plus ou moins rapidement après la naissance (en principe, dans les cinq minutes qui suivent). Le médecin, ou la sage-femme, place deux pinces dessus et sectionne entre les deux. Ce geste est totalement indolore mais hautement symbolique : votre bébé va vivre sa vie à vos côtés mais hors de vous. Parfois, c’est le père, très fier, qui accomplit ce geste.

La délivrance

La délivrance

Les contractions reprennent

Une vingtaine de minutes après l’accouchement, les contractions utérines reprennent. Heureusement, elles sont beaucoup moins fortes que celles qui ont conduit à la naissance de votre enfant. La plupart du temps, la péridurale fait toujours effet. Vous ne les sentirez même pas, tout à la joie d’être arrivée au bout de l’aventure et d’avoir fait connaissance avec votre tout-petit. Ces contractions ont pour but de décoller le placenta qui adhérait à l’utérus. Entraînant avec lui les membranes qui entouraient le bébé. Dans certaines maternités, la délivrance est dirigée. Au moment où la sage-femme dégage une à une les épaules du bébé, des ocytocines sont injectées dans la perfusion, qui vont accélérer les contractions et les rendre très efficaces. Cette pratique permet de limiter les hémorragies d’après-accouchement et d’expulser le placenta dans la foulée de la naissance, cinq minutes plus tard.

Le placenta est expulsé

La sage-femme saisit la partie du cordon ombilical encore reliée au placenta. Tire doucement dessus, tout en empaumant le fond de l’utérus et en appuyant de la main sur votre ventre. Cependant il arrive que l’on peut vous demander de pousser pour aider à l’expulsion. Le placenta pèse entre 500 et 700 grammes et ressemble à un gros gâteau. Après son expulsion, la sage-femme l’examine soigneusement en passant les pouces dessus pour vérifier son intégrité et la régularité de sa surface. Le corps du placenta est formé d’une masse de petits cotylédons rouges séparés par des sillons. Aucun ne doit manquer à l’appel.

L’épisiotomie est recousue

Si vous avez eu une épisiotomie, il faut maintenant la recoudre, toujours sous anesthésie. Si vous êtes sous péridurale, la région est déjà insensibilisée, sinon on vous fera une anesthésie locale. Plusieurs couches de tissus doivent être réparées avec des fils résorbables : le vagin, le muscle et la peau. En principe, la cicatrisation est obtenue en quelques jours.

C’est terminé ! 

La plupart des toutes nouvelles mamans sont dans un état d’euphorie dû aux hormones endorphines.